Roctool pratique la licence

Il aura fallu dix ans, et la foi chevillée au corps, à Roctool pour atteindre l’équilibre financier et matérialiser les perspectives ouvertes par ses brevets, concernant en particulier des procédés de moulage pour l’automobile.

 

Entre 2000, date de sa création, et 2006, Roctool fait “phosphorer” sa matière grise sans en tirer un euro de profit. Son premier système de référence concerne un procédé de moulage d’un capot automobile en matériaux composites. L’avancée industrielle est remarquable : le process permet de produire la pièce en quatre minutes, au lieu de trente par un procédé classique.

Après ce premier succès, Roctool aborde l’injection plastique. Elle met au point des systèmes qui améliorent les écoulements de la matière et la qualité des surfaces, ce qui évite de peindre les pièces et en réduit le coût. Les process permettent aussi de diminuer l’épaisseur des pièces, donc d’en abaisser le poids. L’enjeu est considérable pour l’automobile qui cherche à diminuer les consommations d’énergie et les rejets de CO2.

Après l’automobile, l’électronique grand public

Aujourd’hui, Roctool se consacre à la mise au point de procédés qui améliorent la qualité, l’aspect et la perception des pièces intérieures de l’automobile. Et elle s’attaque, via les grands industriels mondiaux du secteur, au marché de l’électronique grand public (smartphones, tablettes, consoles d’ordinateurs, etc.). L’objectif est identique : diminuer l’épaisseur, donc le coût des éléments tout en en améliorant l’aspect. En une décennie ans, l’entreprise savoyarde aura mis au point quinze brevets qu’elle commercialise sous forme de licences d’exploitation. “Depuis mi-2008, nous sommes passés de trois à 25 licences. Et nous en visons une centaine trois ans”, indique Alexandre Guichard, le président directeur général. Roctool va pouvoir récolter le fruit de tous ses efforts d’innovation qui représentent encore 50 % du chiffre d’affaires après en avoir, longtemps, phagocyté la totalité : au moins 11 millions d’euros ont été investis, depuis le départ, avec le soutien d’Oséo et de plusieurs fonds d’investissement.

Roctool, qui élargit sa présence à l’international (Etats-Unis, Japon, Taïwan, Italie), arrive à maturité avec, même, la perspective “d’une heureuse explosion”.

Laurent Guigon

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