NovaNano prêt à décoller

Bientôt le jour J. Dans quelques semaines, sur la base russe de Baïkonour, une fusée Soyouz décollera, emportant à son bord un nano-satellite coréen (1 kilo !) qui signera le premier véritable lancement commercial auquel participe la jeune société lyonnaise NovaNano.

 

 

 

Le début d’une série ? “L’Agence spatiale russe nous a confié la commercialisation de deux vols par an, à raison de 200 kg par vol, et nous sommes en négociations avec des clients pour 2014”, explique son dirigeant Stanislaw Ostoja-Starzewski. Cinq ans après sa création, NovaNano a entamé son parcours initiatique dans le monde prestigieux des activités spatiales. Avec, pour l’instant, une simple fonction d’agrégateur : la start-up réserve des espaces sur de gros lanceurs, les revend à des clients et assure, pour eux, toute la chaîne logistique, de la fabrication des systèmes de séparation des satellites, jusqu’à leur installation dans la fusée.

Etudiants à l’Insa de Lyon

Les petits satellites, c’est la spécialité de NovaNano. Depuis leurs premiers bricolages électro-mécaniques lorsqu’ils étaient étudiants à l’Insa de Lyon, Stanislaw Ostoja-Starzewski et Spas Balinov se concentrent sur ce créneau : quand un satellite classique pèse entre une et cinq tonnes et demande au moins 30 millions d’euros pour être mis en orbite, les nano-satellites sont insérés dans des conteneurs de quelques kilos et peuvent être envoyés dans l’espace pour plusieurs centaines de milliers d’euros. Pouvant être déployés en constellations et travailler ainsi en réseau, ils intéresseront des sociétés pétrolières, de télécoms, de transport et de logistique, des organismes de contrôle de l’environnement, etc.

“Un gros satellite peut avoir une durée de vie de quinze ans, mais demande des investissements énormes. Les petits satellites, eux, ne durent qu’un an ou deux, sont beaucoup plus légers et davantage adaptés à des entreprises dont l’évolution demande une grande souplesse”, explique Stanislaw Ostoja-Starzewski. Du spatial low cost, en quelque sorte.

Levée de fonds

Afin de répondre à la montée en puissance commerciale attendue cette année, NovaNano (quatre salariés) vient de boucler une levée de fonds de 300 000 euros auprès de business angels, notamment ceux de Lyon Simba Talents (réseau Angelor), qui lui permettra de recruter.

L’étape suivante sera celle du passage à la fabrication industrielle des nano-satellites avec, à la clé, une quinzaine de brevets à déposer. “Dans les cinq ans, il nous faudra lever près de cinq millions d’euros”. Sans perdre de temps, sur ce marché encore émergent.

La force de l’entreprise, qui n’a pour l’instant engrangé qu’un chiffre d’affaires négligeable mais n’en vise pas moins le leadership international, c’est son avance technologique. Mais face à des capital-risqueurs et investisseurs institutionnels peu nombreux dans le domaine du spatial, le challenge de la petite société lyonnaise n’est pas mince.

Didier Durand

Photo : Prototype du premier nano-satellite de NovaNano.

 

Bref Rhône-Alpes n° 2105 du 30/01/2013

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