Le Pôle européen de plasturgie vers la plastronique

Le Pôle européen de plasturgie, qui fête cette année ses 25 ans, devrait prochainement prendre une dimension nationale en devenant “Centre technique industriel (CTI) de la plasturgie et des composites”.

Centre technique répondant aux besoins des industriels locaux, le Pôle européen de plasturgie a progressivement vu son activité évoluer : de la mutualisation d’équipements et de moyens pour la mise au point de procédés et de produits, il a progressivement développé une activité de R&D pour les PME. Celle-ci est passée de 1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2007 à 4 millions d'euros en 2014 (financement : contrats de recherche avec des industriels, Etat, communauté de communes et Département de l’Ain), soit près de la moitié des 9 millions d'euros du budget actuel de l’association. Les 4 millions d'euros restants sont issus de prestations diverses proposées aux industriels. Le PEP a absorbé Compositec (Le Bourget-du-Lac/Savoie ; Mauves/Ardèche) en 2013 afin de mutualiser compétences et moyens dans le domaine des composites. Enfin, il est partenaire du réseau technologique Composites Rhône-Alpes qui regroupe, entre autres, plusieurs pôles de compétitivité (Plastipolis, Axelera, Techtera) et de grandes entreprises (Plastic Omnium, Hexcel, Solvay, Chomarat).

Vers un accroissement des moyens

Le futur CTI, dont le décret de création est attendu au plus tard cet automne, sera issu de la fusion entre le PEP et l’ISPA (Institut supérieur de plasturgie d’Alençon/Orne ; centre de formation, du BEP à l’ingénieur) et, à ce titre, devrait voir les structures en place (et leurs ressources, via une taxe parafiscale) renforcées et stabilisées à l’échelle nationale. La nouvelle structure, demandée par la profession depuis plusieurs années, doit être une pièce centrale pour l’avenir, notamment en matière de R&D, de formation, d’innovation et d’actions collectives au service des industriels de la plasturgie. Elle sera dotée d’un nouveau conseil d’administration. Son budget global pourrait monter jusqu’à 15 millions d'euros. Une vingtaine de personnes supplémentaires pourrait aussi rejoindre le site de Bellignat.

La plastronique en ligne de mire

Face à la déferlante annoncée des objets connectés, l’avenir de la plasturgie passera par la “plastronique”, c’est-à-dire l’intégration de puces et de fonctions électroniques directement dans la matière pour rendre les plastiques intelligents (exemple : antennes de tablettes ou de smartphones insérées directement dans la coque plastique, emballages communicants, etc.). Cette problématique, considérée par beaucoup comme un enjeu d’avenir et une source de valeur ajoutée, intéresse un certain nombre d’industriels comme ARaymond, Radiall ou encore Nief Plastics. C’est la raison de la création de la société S2P (5 personnes). Née en novembre 2014, cette spin-off du PEP propose aux industriels les services d’une plateforme d’innovation et d’ingénierie appliquée à la plastronique, largement financée sur fonds publics (Investissements d’avenir).

Didier Durand

 

Pôle européen de plasturgie

  • Président : Gérard Machurat,
  • Vice-président stratégie : Claude Doche,
  • Siège : Bellignat,
  • Effectifs : 80 personnes.

 

Bref Rhône-Alpes n° 2204 du 03/06/2015

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