Le boom annoncé des robots

Bruno Bonnell en est encore tout retourné. "J’ai été très ému ! C’est une première mondiale qui ouvre la voie à une nouvelle manière de se déplacer en ville. Ce 13 mars 2013 restera une date importante dans l’histoire de la robotique de service".

 

 

 

 

L’innovation dont parle le patron lyonnais, c’est Navia : cette navette urbaine robotisée (sans chauffeur et sans rail) s’est promenée pendant quelques jours sur la rue de la République, à Lyon. Le petit véhicule de huit places, créé par la société française Induct, est guidé par ses lasers et capteurs embarqués qui définissent sa trajectoire et détectent des obstacles pour les contourner ou s’arrêter. Doté d’un moteur électrique et d’une batterie lui offrant une journée d’autonomie, il pourrait bientôt être installé, pour de bon, entre Rhône et Saône(1).

Un marché de 100 milliards d’euros en 2020

Navia aura également fait parler de lui lors de la troisième édition du salon Innorobo (Lyon, 19-21 mars). Tout comme d’autres robots destinés à l’industrie, au secteur hospitalier ou à des applications grand public. Dans ces trois domaines, la robotisation est en marche et annoncerait une prochaine révolution dans les usages professionnels et domestiques. “Le marché mondial de la robotique, qui atteindra cette année 9 milliards d’euros, sera de 100 milliards en 2020 ! Dans les dix ans à venir, davantage d’entreprises seront créées dans la robotique que dans internet”, affirme Bruno Bonnell. Le fondateur d’Infogrames, actuel dirigeant de Robopolis et co-organisateur d’Innorobo, fait le parallèle avec deux autres moments clés de l’histoire technologique dont il a lui-même été acteur : l’arrivée de la micro-informatique individuelle, dans les années 1980, et celle d’internet dix ans plus tard.

Les atouts français

Voilà donc une opportunité prometteuse dans laquelle l’économie française peut encore s’engouffrer. André Montaud, directeur de Thésame (Annecy), précise : “La France a de vraies compétences en R&D dans toutes les briques nécessaires à la robotique : capteurs, actionneurs, microprocesseurs et programmation, batteries, etc. C’est du côté de l’industrialisation qu’il faut travailler”.

Alors que les start-up commencent à se bousculer, que certaines écoles d’ingénieurs lancent de nouvelles formations adaptées (CPE à Lyon, par ex.), que l’Université, elle-même, s’y intéresse (à Grenoble, l’UJF et le CHU de Grenoble ont créé une plateforme collaborative sur les interventions médicales assistées par ordinateur), une filière pourrait bien émerger, pour autant que la demande française de robots rattrape son retard(2).

Il faut donc convaincre les milieux économiques que les robots peuvent aussi créer des emplois, contrairement à l’image entretenue. C’est le sens du message qu’Arnaud Montebourg devait porter à Lyon en annonçant un Plan Robotique français. Enfin une posture offensive !

Didier Durand

(1) En fait, il roule déjà sur quelques campus (EPFL de Lausanne, Oxford). Par ailleurs, la voiture “qui se conduit toute seule” fait l’objet d’expérimentations avancées, comme la “Google car” aux Etats-Unis.
(2) 34 500 robots industriels sont recensés en France, contre 63 000 en Italie et 145 000 en Allemagne.

Photo : ©Henri Granjean. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, à bord de Navia.

 

Bref Rhône-Alpes n° 2112 du 20/03/2013

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