La croissance à grandes foulées de Raidlight

Depuis que son entreprise a déménagé, Benoît Laval a changé son terrain d’entraînement mais pas ses habitudes.

Dès qu’il peut, Benoît Laval quitte son bureau. Il court sur les sentiers du parc de la Chartreuse. Pas seulement pour s’oxygéner mais aussi pour tester les produits que sa société Raidlight conçoit. Depuis la création de cette entreprise, en 1999, il a réussi à étoffer son palmarès de champion de trail au même rythme que son portefeuille de clients. Petite marque de produits de sport outdoor, Raidlight met en avant son esprit d’équipe, s’appuie sur des communautés de pratiquants de trail, de course à pied, de randonnée pour perfectionner ses produits et se démarquer de ses concurrents plus puissants, comme Lafuma ou Salomon. C’est ce qui lui a permis, récemment, d’être distingué, pour un sac à dos, par un Janus de l’Institut français du design.

Cette complicité sportive et commerciale est l’une des clés de la réussite de la société qui développe des produits plus ergonomiques, plus fonctionnels, plus légers. "Nous sommes toujours à la recherche d’une astuce utile, pas un gadget mais une vraie innovation", observe Benoît Laval. Raidlight ne fait pas travailler de bureau de style extérieur, seulement les méninges et les muscles de ses collaborateurs, de chercheurs universitaires ou d’entreprises. C’est le cas avec Payen, dans le cadre du cluster CIM Sporaltec.

Ces cogitations sont à l’origine, par exemple, d’une membrane quatre couches qui tend à résoudre la quadrature du cercle de ces coupe-vent soi-disant imperméables, aussi humides à l’extérieur qu’à l’intérieur par temps de pluie. Grâce à elle, la transpiration se condense à l’intérieur d’une première double couche, tout en protégeant des intempéries avec une seconde membrane double. Autre nouveauté 2011, une gamme de sacs à dos ultralégers made in France. Pas plus de 215 grammes pour un sac de 15 litres entièrement conçu et confectionné dans la région.

"Nous nous sommes aperçus que certains produits faits en Asie ou en Tunisie pouvaient être relocalisés en France à des prix raisonnables", explique l’entrepreneur. Il s’est lancé un nouveau défi en transférant cet hiver les activités de ses deux sociétés à Saint-Pierre-de-Chartreuse. Ce bâtiment écolo de 1 000 m2, qui représente un investissement de 1,4 million d’euros, plus du tiers du chiffre d’affaires de Raidlight, comprend un laboratoire de recherche et un centre de test et d’entrainement. Benoit Laval aimerait accueillir plus de 10 000 clients par an dans ce nouvel antre des sports outdoor, notamment pour éprouver une nouvelle chaussure de trail ultralégère en cours de développement.

Vincent Charbonnier

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