Histoire d’innover : Eliot Innovative Solutions confirme les promesses

A l’occasion du 10ème anniversaire des Trophées Bref Rhône-Alpes de l’Innovation, nous sommes allés à la rencontre des entreprises récompensées lors de l’une des éditions passées. Cette semaine, la société iséroise RYB, promotion 2011.

 

 

Le système de localisation par RFID des réseaux enterrés baptisé Eliot® développé par le fabricant de canalisations souples RYB (Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs), marque des points. Les puces RFID du groupe RYB s’agitent sur les conduites de la compagnie californienne Pacific Gaz et sur les canalisations de la régie des Eaux de Los Angeles. C’est un grand bond pour le système de détection et de communication sans fil destiné aux réseaux et ouvrages enterrés Eliot® (Equipement de localisation et d’identification des ouvrages en terre). En 2011, maîtres d’ouvrage et exploitants de réseaux découvraient l’innovation technologique du constructeur de tubes et de canalisations en polyéthylène. Trois ans plus tard, son Pdg, Marc-Antoine Blin, donnait le top départ de la start-up Eliot Innovative Solutions. A charge pour Olivier Séon, son directeur, de convaincre de la pertinence de la technologie Eliot. “Pour RYB, c’est un gros pari. Nous avons investi plusieurs millions d’euros pour le développement de cette puce”.

Besoin universel

Depuis quelques mois, la maison mère multiplie les annonces relatives à des implantations à l’étranger : une usine en Belgique pour fabriquer la gamme Terrendis® de tubes et canalisations flexibles pour des applications de distribution de chauffage, de froid et de transport d’eau chaude sanitaire ; une filiale en Angleterre… “Avec notre système de détection, nous répondons à un besoin universel, se réjouit Marc-Antoine Blin. Sur tous les continents, en effet, il y a un potentiel de croissance important qui justifie l’ouverture de filiales”.

En France, Eliot Innovative Solutions peut s’appuyer sur des clients majeurs comme GDF Suez ou EDF. Hors de nos frontières, les technico-commerciaux travaillent sur des amorces de contrats et “évangélisent” à tour de bras, pour reprendre l’expression d’Olivier Séon. Pour les neuf mois d’activité en 2014, Eliot® a déjà engrangé un chiffre d’affaires de 1,5 million d'euros. L’année 2015 devrait être celle “de la confirmation sur le marché français”, en particulier auprès des collectivités soucieuses de leur réseaux d’eau potable, mais aussi à l’étranger où des “signatures importantes de contrats” sont attendues.

Californie et Japon

La prospection commerciale a permis de mettre en évidence des zones de progression technique et fait surgir de nouvelles sources de profits. Si le travail sur les marchés canadien et du nord de l’Europe a confirmé les bénéfices clients de la détection par RFID, il a aussi montré les limites du protocole d’enfouissement. “Nous allons au maximum à 1,5 mètre de profondeur, rappelle Olivier Séon. Or, dans les pays du nord et en particulier pour les réseaux d’eau, c’est insuffisant à cause des températures basses. Du coup, nous travaillons pour enfouir nos puces jusqu’à 3 mètres”. Les tests menés en Californie ont, par ailleurs, montré l’intérêt des puces sur des réseaux soumis aux contraintes sismiques. Un avantage “non identifié à l’origine”, qui a également ouvert le champ des négociations commerciales avec le Japon.

Emulation interne

Eliot® avance sans complexe, avec une stratégie à double détente : le service de localisation et la base de données. Grâce à sa capacité de numérisation, la puce est en mesure de livrer en instantané tous les paramètres d’une canalisation tels que la date de fabrication, le matériau, le diamètre, la pression nominale, l’application (gaz, eau, électricité, télécom, etc.) ou encore le numéro de série. “Cette notion de traçabilité est très importante pour les compagnies”, explique Olivier Séon.

Pour Marc-Antoine Blin, Eliot® a pris une importance stratégique au même titre que Wavin, autre filiale spécialisée dans les nappes polymères composites. Et la jeune filiale pourrait servir de modèle à d’autres projets de rupture. “Eliot a permis de retrouver cette appétence pour la création d’entreprise et cela rejaillit sur les autres entités du groupe”. Avec, comme bénéfice indirect, “une véritable émulation entre responsables commerciaux” confrontés à la dynamique de la start-up.

Vincent Riberolles

 

Bref Rhône-Alpes n° 2198 du 01/04/2015

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