Ça plane pour Sunaero

Le temps, c’est de l’argent.

Cette maxime populaire est encore plus tangible lorsqu’il s’agit d’avions de chasse ou d’avions de ligne cloués au sol pour des problèmes d’étanchéité.

 

Sunaero s’est fait connaître de la direction générale de l’armement, après la guerre du Golfe. Sa technologie, l’utilisation de rayonnement infrarouge à basse température, en réduisant le temps de séchage de mastics, a permis de diviser par dix le temps d’immobilisation des Mirage 3. Depuis, la société de Genay (Rhône) équipe toutes les bases aériennes et aéronavales françaises, les plus grands constructeurs aéronautiques, Airbus et Boeing notamment, et des compagnies aériennes comme Air France et Lufthansa.

De réparation en détection, Sunaero a ensuite mis au point un système global de vérification de l’étanchéité des avions, bien plus performant que de simples contrôles visuels ou que l’eau savonneuse utilisée auparavant. Depuis 2008, elle dispose d’une palette complète de technologies pour la détection, la pressurisation et le contrôle des fuites de carburant. Les Frenchies ont même convaincu l’US Air Force : ils ont réussi à remettre un avion en vol en huit heures, alors que huit à dix-huit jours étaient nécessaires précédemment. Sunaero a ainsi intégré la liste officielle des fournisseurs de l’armée de l’air américaine et obtenu un agrément général qui la dispense des appel d’offres.

Cette percée a été facilitée par la création d’une filiale à Nashville, à proximité de grandes bases américaines. Elle devrait prochainement contractualiser avec l’ensemble des bases de l’US Air force et des garde-côtes, pour tripler ainsi son chiffre d’affaires dans les trois ans. Preuve de l’importance accordée à ce business : le patron de Sunaero, Bruno Comiglio, s’est installé à demeure dans le Tennessee.

Sa société ne se détourne pas pour autant de la France. "Avec nos équipes et des aides de l’Etat, nous pouvons continuer nos efforts d’innovation", souligne Thierry Segond, ancien avocat d’affaires, vice-président de l’entreprise lyonnaise. Reconnue comme entreprise innovante par Oséo, elle investit 12 % de son chiffre d’affaires en recherche et développement, sort quatre nouveaux produits et dépose deux à trois brevets chaque année.

Depuis 2010, Sunaero applique ses technologies à d’autres secteurs que l’aéronautique : aux industries chimique, pétrochimique et pharmaceutique (contrôle de blisters de médicaments), à la production et au transport d’énergie. Ces nouvelles activités représentent déjà plus de 10 % de ses six millions d’euros de ventes et devraient lui permettre de maintenir à 20 % sa croissance annuelle.

Vincent Charbonnier

 

 

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