Becton Dickinson injecte de l’innovation dans ses seringues

Becton Dickinson prépare un virage historique sur son site de Pont-de-Claix afin d’accompagner sa stratégie d’innovation. En cinq ans, 100 millions de dollars seront investis dans l’usine.

 

 

C’est une mutation historique qui se prépare sur le site du Pont-de-Claix qui basculera, à un horizon de cinq ans, sa production axée sur les “gros volumes” de seringues en verre pré-remplissables vers des solutions innovantes en petites séries et à forte valeur ajoutée.

Un fleuron de l’économie locale

Sa présence, depuis 1958 dans le sud de l’agglomération iséroise, en a fait l’un des fleurons de l’économie locale : avec 1 650 salariés et 800 millions d’euros de chiffres d’affaires, la première filiale européenne du groupe américain BD est aussi devenue la maison-mère de la division Medical Pharmaceutical Systems. Mais l’avenir du site (doté de deux centres de R&D) ne passera plus seulement par ses gros volumes : l’usine, qui fabrique 400 millions de seringues par an, et qui vient de célébrer la fabrication de sa 12 milliardième seringue (de quoi vacciner deux fois la population mondiale !), doit composer avec un marché ultra concurrentiel, après en avoir créé le standard. D’où sa recherche sur des solutions plus pointues.

Des seringues innovantes et haut de gamme

Pour répondre aux exigences des laboratoires pharmaceutiques, l’usine du Pont-de-Claix (directeur : Jean-François Blanc) s’attelle à des seringues techniques qui passeront par l’ultra propreté et la sécurité de très haut vol : vierges de toute particule, de toute contamination, les solutions d’injection de demain que prépare BD doivent garantir “l’intégralité totale” du médicament (une seule dose de protéine atteint jusqu’à 1 000 dollars !), celui-ci s’affranchissant de toute altération et de toute interaction possible avec le “contenant” et ce, pendant la durée du stockage pouvant aller jusqu’à trois ans. Autres caractéristiques de ces aiguilles du XXIème siècle : leur confort. BD travaille sur la siliconisation et la lubrification (anti-douleur), mais aussi sur la résistance du verre (pour les auto-injections, à domicile). Passage obligé : des recherches sur le matériau (et sa forme) en amont et en lien avec les laboratoires pharmaceutiques, avant le lancement même du médicament.

100 millions de dollars d’investissment

100 millions de dollars (entre 25 et 30 M$/an) seront investis au total dans le site isérois, qui basculera ainsi, d’ici à cinq ans (durée du plan d’investissement), dans une usine équipée d’environnements extrêmement contrôlés, à l’image des salles blanches de même niveau que la microélectronique, voire au-delà. 40 % du flux d’investissement est dédié à l’infrastructure (traitement et acheminement de l’eau, de l’air) et 60 % injecté dans les machines. BD accompagne aussi cette mutation par un plan de formation qui concerne 850 personnes.

Isabelle Ambregna

 

Bref Rhône-Alpes n° 2126 du 10/07/2013

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